BAM BAM BIGELOW
A la veille du passage symbolique à l'an 2000,un petit dealer et son amie bodyguard tombent sur un clip vidéo virtuel qui peut causer, si il
est découvert, une énorme émeute raciale et mettre L.A à feu et à sang. Poursuivis par les auteurs de la bande, les deux protagonistes s'engagent alors dans une éprouvante course contre
la montre pour faire éclater la vérité au péril de leur vie.
Réalisé au milieu des années 90, "Strange Days" mixe dans un gros shaker, le Cyberpunk, la culture Comic-book et une partie peu glorieuse des States (en effet, les événements du film rappellent
ceux de Watts et de l'affaire Rodney King) pour un résultat détonnant, un pure "ride" d'adrénaline qui révèle aux yeux du Monde "un petit bout de femme qui en a: Kathryn Bigelow.
La réalisatrice remarquée de "Near Dark" et de "Point Break" nous gratifie en effet d'énormes scènes d'action bien vénér' toutes droit sorties d'un film de James Cameron (le papa de Terminator a co-écrit le scénar' et son influence est palpable tout le long du métrage).
Des partis pris visuels totalement bluffant pour l'époque nous font constater le coté visionnaire de l'entreprise (la séquence post-générique en Point Of View par
exemple).
Bigelow nous offre des personnages complexes et bien croqués, à l'image de Ralf Fiennes, parfait en anti-héros cynique et dépassé par les événements et une Angela Basset superbe en "Sarah
Connors-like" au grand coeur.
Le casting 3 étoiles en ce qui concerne les second rôles (Juliette "Mallaury Knox" Lewis, Tom Sizemore ou bien encore Vinvent D'Onofrio) (Note De Bruce Kraft : Kathryn Bigelow s'est inspiré de la
chanson de PJ Harvey, "Hardly Wait, pour camper le personnage de Juliette Lewis...ah! ça c'est de l'anecdote!! Lol!!!) et une bande-son bien nerveuse font de cette pellicule un objet
fort recommandable.
Peut-être un poil trop long, "Strange Days" nous démontre néanmoins, de toute
la générosité et de la vista d'une réalisatrice qui mériterait de revenir sous les spotlights de Hollywood tant elle met encore à l'amende aujourd'hui tous ces jeunes réal' biberonnés aux
montages cut à la sauce MTV.
Mat Castle.