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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 15:26

BARBE WIRE.


Malick, jeune beur de 19 ans prends 6 ans de prison ferme pour avoir violenté un flic. Complètement esseulé, cet analphabète,se retrouve,après une épreuve initiatique, sous la protection du caïd corse, César Luciani, qui a main mise sur la Centrale. Ce "larbin" pour les Corses se révélera beaucoup plus malin que prévu en développant des alliances ayant pour but de prendre le pouvoir et de saboter par l'intérieur la bande de Luciani..



Difficile de rendre original un genre aussi codifié que le film de prison. Et le fils Audiard n'a pas la volonté de proposer quelque chose de franchement novateur, mais se focalise plutôt sur son histoire en la racontant efficacement et bien. On suit le parcours de Malick El Djeneba, un personnage dont on estime le temps de survie en cabane d'à peu prés 5 minutes à tout casser et ressemblant à un lapin tétanisé entre les phares d'une bagnole.


D'autant plus qu'il est considéré d'un côté comme une "sous-merde" par les prisonniers originaires de l'île de Beauté qui le font bosser et "traître" d'un autre par ses "frères barbus" (surnom des Corses pour les Arabes pratiquants) qui ne comprennent pas qu'il ait vendu son âme au Diable. Un destin qui va droit dans le mur donc, mais Malick apprend à une vitesse fulgurante les codes de la prison et décide de mettre en pratique ses connaissances fraîchement acquises pour s'installer dans la durée (il apprend en cachette le dialecte corse pour ne pas être pris de cours quand on veut le mettre à l'écart lors de conversations décisives pour le business et construit en parallèle un réseau de drogue pour court-circuiter l'emprise de Luciani).


La prestation à fleur de peau de Tahar Rahim nous rend tout de suite sympathique son personnage pourtant pas vraiment un enfant de choeur (coup de pression avec enlèvement de la mère d'un de ses rivaux, et égorgement d'un taulard à la lame de rasoir pour contenter César..) car il se révèle par ses failles en plusieurs occasions (en compagnie de son filleul notamment ou quand il apprend à lire).


De poupée gonflable potentielle, il se mue en fin tacticien, construisant discrètement brique par brique son empire au détriment des Corses. Pour les connaisseurs de la mythique série "OZ" il serait un mix parfait du fourbe Irlandais O' Reilly et du plutôt posé mais encore plus calculateur Kareem Said. L'habitué des prod Audiard, Niels Arestrup (magnifique performance), serait une sorte de Schibetta en quelque sorte.


L'auteur de "De battre mon coeur s'est arrété" prend quelques détours par le fantastique  aussi en lorgnant du coté de Lynch par exemple (la vision prophétique des biches sur la route qui sauvera d'un traquenard, notre héros) et en donnant la parole au "fantôme" de la première "victime" de Mallick (à la "Six feet Under" ou à la "Rescue Me" pour rester dans les tv shows) dans des moments assez surréalistes très réussis.


La durée du film est un peu pénalisante (2h30 dont vingt minutes de trop) mais Audiard nous offre les tenants et les aboutissants d'un récit solide. La fin est à la perception quand même du spectateur ATTENTION SPOILER: Mallick sort de taule avec la promesse faite à son ami cancéreux d'élever son filleul avec à ses cotés un cortège de ses nouveaux "partenaires "Musulmans pour le protéger. Alors rangé des voitures ou nouveau deal en puissance et à plus grande échelle à l'extérieur pour le jeune homme?, le doute est permis..


Peut être moins puissant que "De battre,mon coeur s' est arrêté" qui offrait un sacré role à Romain Duris, "Un prophète" nous venge malgré tout de toutes ces comédies françaises faisandées (Luckyman ou encore Cinéluke pour pas les citer) et autres huit clos ou un couple se déchire pendant une heure et demie ce qui est bien caractéristique du cinéma français.


Avec son casting qui dépote et qui fonctionne à merveille on peut dire que: Oui il est possible de faire un film d'auteur qui ne soit pas chiant et prétentieux, et qu'une telle initiative peut trouver son public. Peut être pas le film de l'année mais le meilleur long métrage français et de très loin..


Mat Castle.


 

 



Par Bruce Kraft - Publié dans : Films du 21ème siècle - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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