LAME DE FOND
Un an après le massacre de Haddonfield perpétré par son frère, Michael Myers, Laurie Strode tente de se reconstruire, avec l'aide de son amie, Annie, une des rares survivantes du psychopathe masqué. Essayant de refaire surface, malgré des cauchemars récurrents, Laurie reperd pied quand elle découvre qu'un merchandising s'opère autour d'elle et de son histoire et que de terribles rumeurs se propagent sur le retour de Michael en ville. En effet, bien qu'elle soit persuadée qu'il rôtisse en enfer, son corps a disparu et n'a jamais atteint la morgue..
"Halloween 2 (ou "H2" pour être
dans le coup) reprend quelques temps après les événements du premier volet et reste très classique dans son déroulement, du moins en apparence car le film joue les fausses pistes..Myers repart
dans sa quête meurtrière avec toujours en ligne de mire sa soeur. Le tueur débarque donc aux urgences, où Lorie est placée, en décapitant, éventrant tout le personnel d'un hôpital
étrangement très vide, et finit par retrouver, grâce à des artifices éculés des films d'épouvante, une Lorie désemparée qui se retrouve dans une situation des plus critique,
jusqu'à, jusqu'à...
Gros fan de Rob Zombie, depuis très longtemps quelque soit le média (musicalement pour moi il reste l'un des plus gros "entertainer" des années 2000), j'ai
toujours trouvé que le fondateur du groupe "White Zombie" avait du style en réussissant à imposer sa patte sur tout ce qu'il touchait même dans ses travaux les plus
mineurs ( aussi sur l'inégal et sur-estimé "la maison des 1000 morts" qui ne présageait pas le choc "The Devil rejects").
Son remake de "Halloween" était
très réussi du moins dans sa première partie qui s'aventurait dans l'esprit d'un criminel en devenir, où un jeune Myers était en adoration pour sa mère et sa petite soeur mais déjà
déglingué du bulbe en tuant des animaux. Enfant martyrisé mentalement par un beau père exécrable, d'une autre frangine blessante et d'humiliations d'élèves de son bahut,
tous ces événements conditionneront son esprit fragile à partir en vrille.
Ce segment, très intéressant car inédit ( le passé de Michael est évasif dans le film de Carpenter) écrasait quand même par sa puissance la suite du récit un peu
trop machinéen et qui ressemblait plus à un slasher "lambda" (notez les guillemets car l'atmosphère lourde était très soignée par le pater Zombie et visait le haut du panier,
surtout face aux productions horrifiques de ces derniers temps).
Les critiques venant de la presse
spécialisée et d'une certaine "fan base" furent très mitigées (ceux ci ne supportant peut être pas un nouvel éclairage pourtant bienvenu au mythe Michael Myers). Et ce n' est certainement
pas avec ce second chapitre que "Mister Dragula" va se réconcilier avec les admirateurs de la première heure de "The shape" (surnom de Myers).
Car le metteur en scène hardos change son fusil d'épaule et va à l'opposé d'une suite dite "traditionnelle" en bifurquant dans l'ésotérique, le baroque et la folie
de ses protagonistes. Le psyché de Myers and co est très poussé quitte à laisser la majeure partie de son audience sur les quais. D'images visuellement réussies (le banquet morbide avec le jeune
Myers et sa mère ectoplasmique) se succèdent d'autres à la limite du kitsh et du grotesque (la première apparition du..cheval blanc! what a fu..).
Quand "H2" se
recentre sur son histoire plus "terre à terre", il (re)devient aussi apre et trouble que son modéle (les meurtres sont toujours aussi secs, Michael n'y allant vraiment pas de main morte avec sa
lame, faut le voir s 'époumoner de longues secondes avec son couteau sur les cadavres). Malheureusement les "cauchemars" (ou "délires" de Zombie pour être méchant) des uns et des autres lassent
et parasitent considérablement l'ensemble.
De plus l'ami Rob a le mauvais goût d'avoir rendu ses personnages principaux horripilants comme pas deux. Lorie Strode (Scout Taylor Compton très inégale dans son jeu , plus que convaincante dans une scène, complètement affreuse dans une autre) devient une peste juste bonne à baffer, même chose pour le doc Loomis (Malcom Mc Dowell en roue libre) qui se réincarne en pourriture arrogante arriviste, et capitalisant à mort sur la notoriété de son ex-patient (Myers donc). Péteux et cynique, son comportement est aux antipodes du premier chapitre de Zombie ( et par résonance le perso crée par feu Donald Pleasance). On lui demande qu'une chose, c'est de crever le plus rapidement possible sous les coups de Mike Myers (pas celui d'Austin Powers, hein!?!) c' est dire.. La fin du métrage est un concentré de ce qu'offre "H2" ( avec un clin d'oeil appuyé au "Psycho" d'un certain Alfred H.) des plans aussi bien iconiques que ringards, super bloquants que vraiment désespérants de crétinerie. Un sentiment étrange en fait...
Avec cet objet filmique, Rob Zombie a t-il bourré de C4 la franchise "Halloween" volontairement pour qu'elle explose en plein vol et ainsi empêcher la naissance de suites juteuses à rallonge (comme la série de Saw) qu'il déteste tant, ou a t-il juste voulu faire quelque chose de très différent pour ne pas tomber dans le redondant? Je n'ai pas forcément la réponse mais toujours est t-il qu'il s'est bien planté dans les plus grandes largeurs. En espérant que ce "H2" ne soit qu'un incident de parcours pour ce jeune film-maker prometteur. Après le médiocre "The descent: part2" on ne peut dire que l'année 2009 fut une bonne année pour les séquelles. Dommage, espérons que l'année prochaine soit plus clémente.
Mat Castle
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